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Kairouan

 

Kairouan  est une ville du centre de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle se situe à 150 kilomètres au sud-ouest de Tunis et cinquante kilomètres à l'ouest de Sousse. Peuplée de 139 070 habitants en 2014, elle est souvent désignée comme la quatrième ville sainte (ou sacrée) de l'islam et la première ville sainte du Maghreb.

 

Première ville arabe d'Afrique du Nord, la ville a été un important centre islamique de l'Afrique du Nord musulmane, l'Ifriqiya, jusqu'au xie siècle. Avec sa médina et ses marchés organisés par corporations à la mode orientale, ses mosquées et autres édifices religieux, Kairouan est inscrite depuis 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. En 2009, elle est proclamée capitale de la culture islamique par l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture.

 

La ville est aussi réputée pour ses tapis de laine artisanaux et ses pâtisseries dont les makrouds.

 

C'est sous la direction d'Oqba Ibn Nafi al-Fihri que la ville de Kairouan est fondée en  670. Kairouan est fondée sur la ligne de confrontation entre Byzantins et musulmans dans le but d'en faire un point d'appui dans leur campagne de conquête de l'Afrique du Nord.

 

 

À la suite des combats qui opposent Berbères et Arabes, lors de la conquête arabe, Oqba Ibn Nafi est tué par le chef berbère Koceïla, qui s'empare de la ville de Kairouan de 682 à 684. Il rebaptise la ville en berbérisant son nom en Taqirwant.

 

 

Plusieurs années après, une armée arabe conduite par Zuhayr ibn Kays défait l'armée de Koceïla à Mammès et reprend Kairouan entre 687 et 689.

 

Oqba Ibn Nafi édifie à Kairouan la Grande Mosquée de Kairouan. La légende rapporte, que sur l'emplacement de la future Kairouan, un soldat de Oqba aurait trébuché sur une coupe en or enterrée dans le sable. Cette coupe aurait été reconnue comme ayant disparu de La Mecque quelques années plus tôt, et lorsqu'on la déterra, une source d'eau aurait jailli, donnant une eau qui serait venue de la même source que celle sacrée de Zamzam à La Mecque. Cette histoire a fait de Kairouan un lieu de pèlerinage, puis une ville sainte.

 

 

Vers 775, Abou Qurra assiège Kairouan et y répand durant un temps le kharidjisme sufrite. Devenue la capitale des Aghlabides, la cité prospère rapidement au cours du ixe siècle et devient le siège principal du pouvoir en Ifriqiya et un grand centre de rayonnement de la culture arabe et de l'islam, rivalisant avec les autres centres du bassin méditerranéen. C'est une grande ville de commerce et de science renommée pour son école de droit malikite et son école de médecine formée par Ishaq Ibn Imran. Kairouan joue également un rôle significatif dans l'arabisation des Berbères et des populations de langue latine de l'Ifriqiya.

 

 

En 909, les Fatimides, chiites ismaïliens menés par Abu Abd Allah ach-Chi'i, s'emparent de l'Ifriqiya et font de Kairouan leur résidence. Mais la ville perd son statut avec la fondation de Mahdia sur la côte orientale et sa proclamation comme capitale du califat fatimide. Mais les tensions ethnico-religieuses avec la population strictement sunnite de la ville obligent les Fatimides à abandonner le point d'appui qu'ils s'étaient constitué pour rejoindre l'Égypte vers 972-973 où il fonderont Le Caire, le nouveau centre du califat. Entretemps intervient la prise de Kairouan par l'ibadite Abu Yazid qui parvient ainsi, avec l'aide de la population sunnite de la ville, à interrompre brièvement l'hégémonie des Fatimides entre 944 et 946.

 

 

Au milieu du xe siècle, Kairouan dépasse les 100 000 habitants. Son approvisionnement en eau est assuré par un réseau de canalisations provenant des montagnes environnantes et un grand nombre de citernes réparties dans la ville et en dessous de la mosquée. Les grands réservoirs datant de l'époque aghlabide sont encore visibles de nos jours.

 

 

Après le retrait définitif des Fatimides, c'est une dynastie vassale de ces derniers, les Zirides, qui prend le pouvoir en Ifriqiya. Al-Muizz ben Badis (1016–1062), son plus illustre représentant, mène une politique en faveur de la population sunnite. La ville connaît alors la dernière période d'épanouissement de son histoire.

En effet, en 1054, les Fatimides du Caire organisent une expédition punitive contre les Zirides devenus dissidents : les tribus bédouines des Hilaliens et des Banu Sulaym foncent sur la ville, la détruisant presque entièrement.

 

 

En 1057, Al-Muizz ben Badis s'enfuit à Mahdia et livre Kairouan et ses environs au pillage. Avec l'essor des villes côtières sous le règne des Hafsides, et principalement de Tunis, Kairouan décline inéluctablement. En 1702, Hussein Ier Bey en restaure l'enceinte et de nombreuses mosquées. Au cours de l'offensive française menée pour prendre le contrôle du pays, les troupes commandées par le général Étienne prennent Kairouan le 26 octobre 1881.

 

L'occupation de la ville paralyse la résistance et accélère la soumission de la Tunisie. Pendant le protectorat français, la ville devient tout de même l'un des foyers de la résistance nationaliste.

 

 


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